Le panier de la quête se remplit mais le chapeau du mendiant reste vide

Que veut dire pour nous la charité ?
Arrivons-nous à tendre vraiment la main à celle.ux qui en ont besoin ?
Voyons-nous réellement dans les pauvres le coeur battant du Christ ?

Sommes-nous généreux.ses seulement lorsque l’on nous regarde ?
Donnons-nous seulement par peur du jugement d’autrui ?
Ou savons-nous offrir ouvertement notre coeur, sans rien attendre en retour ?

A qui décidons-nous d’offrir la charité ? Pourquoi ?
Quels jugements et quelles supériorités morales entrent en jeu dans nos décisions ?

Ces questions ne sont certes pas faciles à se poser, et il est encore plus ardu d’y répondre. Cependant nous sommes tous.tes concerné.es, car par un malheureux mélange d’éducation moraliste, d’idées méritocrates, de peur, de bien-pensance ou de dégoût, nous décidons qui vaut et qui ne vaut pas. Prenant la place du jugement qui ne revient qu’à Dieu, nous classons les Hommes et les vertus. Nous refusons collectivement de tendre la main aux pauvres qui se tiennent devant l’église, pour donner à la place notre pécule dans le tronc ou la quête de celle-ci.

Oui, nous tournons la tête et faisons mine de ne pas voir le mendiant, pour franchir le seuil de l’église la tête haute, s’asperger d’eau bénite et s’agenouiller devant le Christ miséricordieux, dont le coeur saigne tout entier de nos manquements.

Lui qui s’est fait pauvre parmi les pauvres, qui a touché le lépreux comme l’aveugle, lui qui s’est donné tout entier à nous qui n’avions rien pour que nous puissions ouvrir notre coeur à Dieu… Lui, présent dans le pauvre peut-être plus encore qu’il ne l’est dans l’église, pleure notre abandon et notre rejet.

Et comme nous savons, au fond de notre coeur et de notre conscience, la faute que nous commettons : nous nous rassurons, nous nous trouvons des excuses, nous validons couardement notre conduite.

« Les temps sont durs et je ne peux donner le peu que j’ai »
« Que puis-je, moi seul.e et si petit.e, contre toute la pauvreté du monde ? »
« Cette personne ne fait rien, or moi je travaille et mérite mon argent ! »
« Sa conduite et son allure ne me plaisent pas, je ne souhaite pas l’aider… »
« On sent sur son haleine l’alcool et sur son corps la saleté : je préfère bien donner dans l’église ! »
« A l’église, je me sens obligé de donner car on me regarde, mais je ne croise pas le regard des pauvres pour ne pas avoir à donner »
« Cette personne vient me déranger jusque devant la porte du culte, elle ne croit peut-être même pas en Dieu… »
« L’Eglise aussi a besoin d’aide, et c’est là qu’est mon coeur et ma croyance ! »

… et bien d’autres sans doute.

On pourrait résonner au sujet de chacune de ces excuses, démontrer, tant au moyen de la Parole, que de l’exemple de la vie de Jésus et de celle de nombreux.ses Saint.es, qu’elles ne valent rien et éloignent l’âme de la foi… Mais ces heures de discours sont perdues aux coeurs fermés et aux oreilles sourdes.
Pourtant l’urgence est là, et je le répète : le Christ pleure. Oui, Dieu pleure, et l’Esprit Saint, empli de chagrin, s’envole loin de nos têtes.

Je ne veux faire entendre ici qu’un seul minuscule cri, semblant si insignifiant, à une si petite échelle, mais pourtant si central et nécessaire :

“Voyez là où l’aide est nécessaire.
Observez les mains et les coupes qui vous sont tendues vides.
Observez celles que vous alimentez pourtant qu’elles sont pleines.
Et ouvrez simplement votre coeur à l’appel foudroyant du Christ, qui est celui de chaque pauvre.”

[Pour une lecture prodondément juste, belle, et bien plus complète sur ce sujet : je vous invite à lire l’Exhortation Apostolique “Je t’ai aimé – Dilexi te” du Pape Léon XIV, dont je pense vous parler davantage dans un autre article bientôt…]

A bientôt,
Puissions-nous ouvrir totalement nos coeurs !



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