J’ai récemment lu la première exhortation apostolique du Pape Léon XIV : Dilexi te- Je t’ai aimé. Je vous l’avais évoqué en note de fin dans mon dernier article “Le panier de la quête se remplit mais le chapeau du mendiant reste vide” (à lire ici), et je souhaitais y dédier un article complet : le voici.
Je ne me suis que très récemment mis à lire les livres des Papes (je me contentais auparavent des quelques articles de presses et résumés sur le sujet), et je dois dire que certains m’ont beaucoup touchés.
Ils sont bien plus accessibles et aisés à lire qu’il n’y paraît, et donnent à voir une Eglise plus contemporaine et ouverte que je ne le pensais… J’ai par exemple trouvé une grande douceur et un grand réconfort à la lecture de Le nom de Dieu est Miséricorde (2016, Pape François), dont je vous parlerai peut-être davantage dans un autre article si cela vous intéresse.
Pour l’heure : parlons de Dilexi te – Je t’ai aimé.

En premier lieu, catholique ou pas, chrétien ou pas, il peut être intéressant de lire ce livre pour ce qu’il représente en tant que première exhortation apostolique d’un nouveau Pape, et premier écrit publié de Léon XIV.
Politiquement et socialement, ce n’est pas un texte anodin par son contenu et son sujet, et on peut simplement le lire pour se renseigner sur la direction que souhaite prendre l’Eglise sous ce nouveau pontificat, et la continuité ou non qui y est donnée à celui de François.
[Et continuité il semble bien avoir, puisque le texte même de cette exhortation apostolique avait déjà été ébauché par François de son vivant, avant d’être repris puis complété par Léon pour faire naître cet écrit.]
En tant que chrétien, le texte a une envergure d’autant plus grande, puisqu’il traîte de l’amour envers les pauvres, de la question de la pauvreté au sens large dans notre monde actuel, du rapport de Jésus envers les pauvres, et du notre envers eux.
Cette question, si centrale aujourd’hui, l’était déjà dans l’Evangile et dans le chemin du Christ. Ici, les mots du Pape Léon XIV ré-éclairent le sujet, offrant à tout.e croyant.e de véritables lanternes pour éclairer sa foi et sa voie au quotidien.
Les pauvres, loin d’être un sujet qui ne nous regarde pas, aussi vague dans notre coeur que la guerre d’un pays dont on ne connaît rien, ou que la vie d’un mendiant que l’on croise au loin, est en vérité le coeur du message du Christ. Dilexi Te nous aide à reconcevoir et rouvrir plus totalement notre foi à cette vérité. Et cela me semble urgent.
Par ailleurs, je souhaite souligner la beauté de ce texte par ce qu’il ouvre de questionnements et d’appels aux états, aux décideurs, aux riches qui se pensent hors d’atteinte de ce sujet.
Car si, chacun à notre échelle, nous pouvons changer nos coeurs et suivre le Christ, il semble majeur de prier et appeler à un changement global, et à resituer les manquements là où ils sont (par leur ampleur et leurs effets) les plus graves et terribles.
« Dans un monde où les pauvres sont de plus en plus nombreux, nous assistons paradoxalement à la croissance de certaines élites riches qui vivent dans une bulle de conditions très confortables et luxueuses, presque dans un autre monde par rapport aux gens ordinaires. Cela signifie que persiste encore – parfois bien masquée – une culture qui rejette les autres sans même s’en rendre compte et qui tolère avec indifférence que des millions de personnes meurent de faim ou survivent dans des conditions indignes de l’être humain. »
Je t’ai aimé – Dilexi Te
La pauvreté sur laquelle alerte Léon n’est pas seulement la pauvreté pécunière, mais aussi, et il le précise dès le départ, celle de l’exclusion générale, de l’injustice, du manque de possibilité de tous.tes celle.ux qui souffrent d’une forme de pouvoir ou de jugement sur eux.
Car qui est plus pauvre qu’un.e prisonnièr.e, qu’une personne battue, abusée, isolée, qu’une personne rejetée, issue d’une minorité sur laquelle pèse non seulement des difficultés supplémentaires à la vie quotidienne, mais aussi des jugements et des attaques ?
Le Pape pointe la nécessité de revoir notre système de façon totale, et félicite et invite les mouvements de libérations populaires là où l’injustice systémique prend place. Il accuse et dénonce clairement “la dictature d’une économie qui tue”, les “idéologies mondaines” et les “orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses”.
C’est là un appel communautaire et à l’entraide que fait le Pape, souligant la nécessité de continuer toujours à agir, nous disant qu’“il vaudra toujours mieux faire quelque chose que ne rien faire”.
Ces rappels font un bien fou à lire, surtout dans un climat politique virant toujours plus à droite, toujours plus en défaveur des pauvres, des migrants, des minorités que l’on souhaite évincer de la réalité, alors même que l’on affiche haut et fort un héritage chrétien.
Relisons l’Evangile, imprégnons-nous du véritable message du Christ, et faisons résonner les mots du Pape Léon :
« L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils ; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil ; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté. »
Je t’ai aimé – Dilexi Te
Je vous invite de tout coeur à lire ce livre, écrit dans un langage clair et sans détour, facile de lecture, court et accessible (par son prix également : 4,50€). Son message est une véritable proposition pour renouer plus totalement avec Jésus.
Bonne lecture, et à bientôt !

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